Le numéro 22 s'appelle Gwenaël Duplenne. En revenant au lycée cette semaine, le plus jeune joueur du RCV pourra raconter à ses copains qu'il a fait gagner son équipe à Saint-Jean de Luz et qu'il a même été l'auteur du seul essai du match au pays du rugby d'attaque ! Comme le dit en rigolant l'entraîneur Esteban Devich :
« Et celui-là, c'est un vrai breton ! Tu ne pourras pas écrire que c'est un Argentin ».
Difficile pourtant de trouver des motifs de satisfaction dans cette rencontre, où tout s'est conjugué pour faire passer un sombre dimanche, aux rares spectateurs basques. Les fantaisies éoliennes ne sauraient expliquer à elle seule la mauvaise copie rendue par les Luziens. Ceux-ci ratèrent complètement leur entame et leur conclusion, abandonnant en cours de route les points qu'ils auraient pu accumuler durant leurs périodes fastes. À l'inverse, les Vannetais, offensifs, bien organisés tinrent le match grâce à Thomas Lebarillier avant que le Gwenaël Duplenne n'apporte la cerise sur le gâteau. L'entame que les Basques avaient ratée, les Bretons, eux la réussirent à merveille.
D'entrée, Vannes accula les locaux à la faute, obligeant Pau Henri Courbier à siffler comme un merle dans les zones de ruck, et permettant à l'artilleur breton Thomas Lebarillier de mettre dans le mille. Avec en prime un carton blanc pour Cédric Goya. Paradoxalement, les verts tinrent plutôt bien la route à 14 contre 15, revinrent dans le match et prirent même l'avantage avec le retour de Goya sur le pré.
Mais le vent tourna... et les Luziens continuèrent à cumuler les erreurs individuelles en y ajoutant un zeste de laxisme défensif. Et ce qui devait arriver arriva. Sur une action confuse et apparemment anodine, une brèche s'ouvrit sur le flanc gauche, et Gwenaël Duplenne, un lycéen de 18 ans qui venait d'entrer en jeu, aplatit le seul essai du match, celui qui scellait le sort de la partie et sonnait le glas des ambitions luziennes.
Il restait dix-sept minutes, durant lesquelles Vial et ses copains ne trouvèrent jamais la clef du coffre-fort vannetais. De leur côté, les Bretons, plus sereins et tirant bien les ficelles, attaquaient avec tous les ballons et gagnaient à la loterie des pénalités puisque le SJLO ne marqua aucun point en seconde période.
Les Vannetais sont désormais bien calés en haut du classement, à distance de Colomiers bien sûr, mais en excellente position pour accéder aux phases finales.
SAINT-JEAN DE LUZ - RC VANNES : 12-17 (12-9)
Arbitre. M. Courbier. 400 spectateurs environ.
SAINT-JEAN DE LUZ. Ituriria - Raufaste, Marticorena, Deboaisne, Marconnié - (o) Manex Ibarburu, (m) Castet - Fabre, Elissalde, Goya - Vial (cap) Pardon - Dupont, Didillon, Insausti. Sont entrés en deuxième mi-temps : Le Gall, Chartier, Gaston Ibarburu, Etchegaray, Juanicotena, Izquierdo, Albistur, Macia. Quatre pénalités, Iturriria (14', 25', 30', 34').
VANNES. Sargos - Boulais, Malzieu, Burgaud, Cocetta - (o) Lebarillier, (m) Payen - Gonzalez, Soffredini (Le Roy, 22°), Bourdrel - Michel (cap), Lagidosia - Zouai, Pointier, Muzzio. Sont entrés en deuxième mi-temps : Loubéry, Garcia, Pedrono, Diemunsch, Germond, Duplenne. Un essai Duplenne (63'). Quatre pénalités, Lebarillier (7', 13', 18', 51').
Ouest France 05/03/12