Après trois semaines consacrées aux avants tricolores (victoires contre l'Afrique-du-Sud, les Samoa et une défaite devant les Néo-Zélandais), Didier Retière, l'un des trois sélectionneurs français avec Marc Lièvremont et Émile N'Tamack, était à Vannes vendredi. Il en a profité pour diriger l'entraînement du RCV.
Didier Retière, que pensez-vous du rugby de l'Ouest et en particulier de celui de Bretagne ?C'est un peu un anachronisme français. L'Ouest est la région qui ressemble le plus aux pays celtiques. C'est assez curieux que le rugby ne s'y soit pas plus développé. Par contre, on rencontre en Bretagne des fous, des passionnés de rugby qui sont presque des missionnaires. Avec une volonté farouche de porter les valeurs de ce sport et de convertir quasiment les gens autour d'eux.
Le fossé avec les terres traditionnelles du rugby français est-il moins important que par le passé ?Il y a deux aspects. D'abord la dimension du rugby amateur avec une pratique de masse. Sur ce point, la moitié Nord est en train de combler l'écart avec la création de nombreux clubs, notamment en Bretagne qui est très dynamique. Petit à petit, le rugby y gagne ses parts de marché. ll y a des atouts. Après, il y a de plus en plus de jeunes attirés vers les clubs professionnels du Sud. On s'est amusé à imaginer un match Nord-Sud avec des joueurs de l'équipe de France en tenant compte de leurs premières licences. On s'est rendu compte qu'on était pratiquement à égalité ! On peut penser que dans vingt ans, on verra des clubs pros. Je pense à Brest, Nantes, Rennes en particulier. À Vannes, cela me paraît un peu plus difficile mais pourquoi pas.
Précisément, que pensez-vous du RC Vannes ?Je trouve que c'est un club qui a su créer une vraie culture rugby dans un endroit qui n'en avait pas. Des clubs de Fédérale 1, il y en a eu. Mais qui dure et forme des joueurs comme le RC Vannes, c'est l'un des rares.
Que pouvez vous apporter aux Vannetais ?Modestement pas grand-chose, sinon mon expérience. Je montre que l'on pense à eux, que l'on fait attention à eux, que l'on est pas différent d'eux. Je suis entraîneur de l'équipe de France, mais je n'avais rien à la base pour l'être. Je vais les aider dans leurs petits problèmes en mêlée (position des pieds pour une bonne poussée, travail des épaules, etc.). Je vais me confronter à la réalité du terrain vannetais, loin de l'équipe de France qui n'est pas une tour d'ivoire.
Esteban Devich, l'entraîneur des avants du RC Vannes. « C'est un très grand plaisir d'avoir l'honneur de recevoir un des entraîneurs de l'équipe de France. J'ai eu l'occasion de le connaître il y a quelques années, je l'apprécie pour sa connaissance du jeu devant. Mes joueurs sont vraiment fiers et contents d'avoir pu s'entraîner avec un tel technicien. Il leur a même donné quelques petites astuces. »
Régis Loubéry, le capitaine du RC Vannes. « C'était un entraînement très intéressant. Un peu court hélas, une bonne heure quand même. Nous avons appris de nouvelles choses : les changements d'appuis, les changements d'épaules, les relations entre talonneur et piliers. Il nous faut maintenant assimiler ses judicieux conseils. Notre entraîneur national d'un soir nous a aussi rappelé que le combat des avants devait être collectif. C'était une belle leçon, appréciée par tous. On en redemande ! »
Ouest France 09/12/09